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La maîtrise des eaux,
les activités extractives et de transformations sous l’Ancien Régime.

Auteur : WASCOTTE Philippe ; MSc.Ing.AIHy ; Terres, pierres et feu en vallée mosane ; IRScNB, service géologique de Belgique, collection Geoscience (554 pages) ; ISBN 978-2-9600676-2-0 ; Bruxelles ; 2010 (édition limitée) ;
EXTRAITS p. 99 à103 ; layout INFO-AIHy (reprint de l'INFO-AIHY n°130; 9-2011).

Notre confrère Philippe WASCOTTE (promotion 1977), au demeurant un fidèle Administrateur au sein du CA qui gère votre réseau AIHy, s’est imposé au fil du temps comme un historien des sciences attaché à sa région du Val Mosan d’Andenne (entre Huy et Namur).
Sa compétence comme chercheur et historien est reconnue par la communauté universitaire des grands historiens liégeois (ULg).
Largement publié dans des revues les plus sérieuses, il sait gardéune distanciation humouristique et critique sur nos us et coutume, pour le plus grand plaisir de ses lecteurs et, nous en sommes.

OUI ; c’est encore un exemple (de plus) de la richesse culturelle et professionnelle phénoménale de notre réseau AIHy qui intègre et se nourrit de l’ENSEMBLE de la communauté de nos milliers de diplômés qu’ils ou elles exercent où non la profession formatée par leurs grades académiques. Nos formations polytechniques, agronomiques, environnementales ou paysagères se confirment encore ici comme polyvalentes et en phase, autant avec vos destinées professionnelles qu’avec notre culture respectueuse et éthique des biodiversités. Allez jusqu’au bout de vos passions, restez curieux de tout et persistez dans les formations continuées et vous serez NOTRE exemple !

ADHEREZ activement au cercle des ingénieurs ou des paysagistes AIHy
Oui, la solidarité préserve votre individualisme tout en sublimant votre regard vers l"autre".

L’importance de l'eau sous l'Ancien Régime :
source de vie et de gende

Les sources et les rivières étaient, pour les peuples anciens, porteuses d'un patrimoine magique où dieux et déesses étaient vénérés. Depuis le fond des âges, mythes, croyances et traditions séculaires entourent ces lieux merveilleux où existaient des liens étroits entre le fantastique et l'imaginaire. Les bardes, les ovates et les druides ont appris aux saints chrétiens à respecter les Esprits de la nature et à chanter leurs louanges. Ainsi, une faune de petits personnages énigmatiques issus de ces « Élémentaux » étaient présents dans l'entourage de la première Dame d'Andenne. Ils s'appellent St Mort (mort-né mais qui, avec la permission divine retrouva la vie), Ste Orbie (suivante de Ste Begge et habitante de Coutisse qui remontait chaque soir à travers les bois en s'éclairant d'une lanteme et que le diable éteignait constamment, mais que son ange gardien rallumait aussitôt) et St Eutrope (c'est celui qui entend tout).

Tous sont étroitement liés à la Reine Brunehaut, aux mégalithes, aux sources et à la vierge noire de Huy.

Ils soignent des maladies : Ste Begge pour la guérison des hernies et la préservation des différentes infirmités de l'enfance, St Mort pour la goutte et le mal de dent et St Eutrope pour les maux d'oreilles et les otites. Ils intercèdent aussi en faveur de chacun auprès du divin ou de ses anges pour exorciser une peine ou pour l'accomplissement d'un vœu.

NDLR. Par « Ancien Régime », on entend historiquement les trois rois siècles entre la restauration du pouvoir royal sous Louis XI (1461-1483) et la Révolution française (1789-1799). Cette période extrêmement riche en évènements de toutes sortes – y compris artistique et paysagère- culmine sous le règne de Louis XIV (1643-1715). Trois phases essentielles s’en détachent : la Renaissance du 16e siècle, l’Age classique du 17e siècle et enfin le siècle des Lumières du 18e siècle.

À Andenne, le chiffre sept a, semble-t-il, une tendance à se répéter d'une manière singulière.

art36 eaux 1Photo Ph.Wascotte Ing.AiHy ; infographie PY.Declercq

Begge reçut du divin la consigne d'ériger sept églises en un endroit sacré près d'une source (la fontaine des Poussins, actuellement fontaine Ste Begge), là ou justement une poule couvait ses sept petits, tout comme étaient présents les sept marcassins tétant les mamelles d'une truie égarée. Chacune des sept pierres levées aux limites condruziennes du fiscus mérovingien (nous avons vu qu'il en restait deux, mais il y a encore le souvenir d'une troisième au lieu-dit \/ieux-Tauve à Coutisse) aurait été érigée en correspondance aux sept étoiles de la Grande Ourse.

C'est par ce curieux et inhabituel détour que l'on pourrait expliquer pourquoi les Pippinides furent la famille des détracteurs de la cruelle Brune l'Ourse ou Brunehaut (v. 534-613) qui termina sa vie attachée à la queue d'un cheval indompté sur l'ordre du roi d'Austrasie Clotaire Il. De là aussi, on peut mettre en évidence l'importance symbolique de la mort d'un ours au mauvais tempérament qui menaçait les manants andennais et terrassé par Charles Martel près d'une source (la fontaine de l'Ours).

Le héros de Poitiers, en abattant l'ours, comme le dit une inscription, permit aux habitants des quartiers populaires d'utiliser l'eau de cette fontaine, nécessaire à la vie de leur famille, de leur bétail et de leur métier. La mémoire de cet exploit est encore perpétuée aujourd'hui dans le fameux Carnaval des Ours.

Chaque année le dimanche de laetare (4e dimanche de Carême), les Ours envahissent les rues de la Cité mosane, emmenés par les géants Fonzi et Martin II. Tout le long du cortège composé d’une trentaine de chars, le public est inondé de confettis, bonbons, cotillons et gadgets en tout genre, pour le plus grand bonheur des petits et des grands. Le tout rehaussé par la présence de groupes carnavalesques locaux, de majorettes et de sociétés musicales belges et étrangères. Les festivités se clôturent en fin d’après-midi sur la place des Tilleuls, avec le rondeau final et le lancer d’oursons porte-bonheur.
Source 2013 : Ville d’Andenne (sur la Meuse entre Namur et Huy).

Comme la plupart des villes et des villages wallons, ANDENNE a donc été fondée près de ces endroits de vie. Et, c'est autour du noyau formé par le monastère et entre ces deux sources que s'est étendu la future cité formant un village-rue aux maisons serrées les unes contre les autres et formant un vinâve.

Les toponymes relatifs à l'eau dans la région sont forts nombreux et forts intéressants : Andetenna ou Andana signifie en celtique près du marais, lieu marécageux.

Quant au mot « Meuse », il appartient à un terme indo- européen proche de mousse, moisissure ou écume.

Mots qui ont la même origine que moos (marais) en allemand. La multiplicité des noms de lieux issus de Huia et Hoiolus dans le bassin de la Meuse est révélatrice de la forte déclivité de ses affluents car ils signifient en celtique « cours d'eau venant des hauteurs ». Les dénominations telles que Hoyoux, Hoyoul, Hainia (ou Haigneau(x) à Namêche) et le Petit Houjou (à l'ouest du village de Thon) en découlent. D'ailleurs, les ruisseaux de Samson et de Gesves portaient jadis le nom de Houyoul.

Des rivières sont appelées ainsi à Namur, mais également à Huy où le nom même de la cité en est issu.

Le Samson, qui parcours une vallée d'un pittoresque intense et que les industries ont fortement gâché au cours de l'histoire, a été utilisé pendant de nombreux siècles et est ainsi devenu un puissant facteur de richesses pour cette contrée : moulins, forges et fourneaux s'y côtoyaient comme le prouve une gouache de l'Album de Croi.

art36 eaux2Photo 1. Le Vieux Moulin dans la vallée du Samson. Carte postale non datée, collection privée.

Toutefois l'invention de la machine à vapeur au 19e siècle et le remplacement du charbon de bois par le coke ont réduit notablement l'importance de son rôle antérieur.

Le ruisseau de Velaine à Seilles comportait aussi son lot de moulins et son maquat. En 1883, les lieux dits qui s'égrènent du sud au nord s'appellent : Au Moulin à Cailloux ; Au Moulin à Huile ; à Tra Makat (trou du maquat) ; Au Moulin de Senter ; Au Moulin et Fond du Moulin. Enfin, la petite vallée encaissée et formée par le ruisseau d'Andenelle a été, depuis les temps les plus anciens avec ses nombreux moulins (à tan, à farine, à cailloux, à huile, à drêches ...) et ses scieries, le premier centre industriel du ban d'Andenne.

Tous ces petits ruisseaux ont taillé ou raboté les massifs rocheux et facilité ainsi l'accès aux richesses du sous-sol. De plus, ces fonds de vallée hébergent des hameaux tels que Rieudotte, Velaine, Sclaigneaux, Bousalle et surtout Andenelle qui n'a pu comme sa voisine, s'écarter du fleuve et, de ce fait, éviter les inondations.

La Meuse elle-même, fut une alliée incontestable de la prospérité de la ville et de sa région.

Elle n'a jamais cessé d'être animée d'une certaine activité commerciale qui se développa graduellement aux cours des siècles. Les nautes romains parcouraient déjà le fleuve aux 4e et 5e siècles.
Suivaient au haut Moyen Âge, les marins frisons qui installèrent. des débarcadères ou « appleits » à certains endroits stratégiques des pontus comme Maastricht, Huy, Namur et Dinant.
Mais, le plus important trafic commercial fut celui des eunuques, des femmes et des enfants destinés à l'Espagne des Califats.

Des historiens ont mis en évidence les relations entre Verdun, les entrepôts de ltil à l'embouchure de la Volga et de la Russie kiévienne dans le commerce des esclaves. Sur la Meuse, entre le 7e et le 10e siècle, circulaient entassés sur de grandes barques, de nombreux captifs razziés aux confins germano-slaves auxquels s'ajoutaient ceux provenant des pays anglo-saxons et du Nord de l'Europe. Cependant, en 980, la réforme d'Almanzor devait marquer la fin de la traite des esclaves slaves vers l'Espagne musulmane au profit des Mamelouks ‘recrutés’ surtout en Afrique.

On sait grâce au récit de la bataille d'Andenne qu'il existait un -appleit- à Andenelle, puisque c'est en ce lieu que débarquèrent l'ost de l'évêque de Liège. On sait aussi que c'est par le fleuve que transitaient les vins. On appelait «vins d'amont» ceux qui provenaient de France et d'Espagne, et «vins d'aval» ceux venant d'Allemagne et du centre de l'Europe.

Les chanoinesses, grandes consommatrices de ce breuvage, les amenaient de leur cépage de Sassey et Mont en France (Lorraine). C'est par la Meuse que véhiculaient les produits de luxe destinés aux Dames d’Andenne : olives, figues, sucres, épices etc.

De l'Antiquité au 15e siècle, les procédés de transport sur la Meuse restèrent assez rudimentaires. Quelques améliorations virent cependant le jour : flottage du bois au 11e siècle, première mention de halage à la fin du 13e , pratique de l'échouage au 14e , formation de trains de bateaux au début du 15e , tout comme la navigation de bacs.

Au cours de l'histoire, la Meuse fut aussi utilisée largement par les exploitants andennais pour le commerce des matières premières vers les Pays-Bas, l'Allemagne et des contrées plus lointaines jusqu'au moment où les détenteurs de l'octroi exclusif d'exportation de la terre plastique utiliseront de préférence la nouvelle chaussée Namur-Liège achevée en 1787.

La Meuse ne fut pas seulement parcourue pour les marchandises mais aussi pour le transport des voyageurs de toute condition sociale.

art36 eaux3Fig. 1. Vue d'Andenelle au début du 17e siècle (paysages du Comté de Namur peints en 1604-1605). Une barque étroite munie d'une voile trapézoïdale descend la Meuse. Elle est représentée anormalement étroite comparativement au ruisseau d'Andenelle. En haut, à droite, le calvaire d'Andenne.

Extrait des Albums de Croy, n° XVI, Comté de Namur III, Planche 230, p. 100. Éditions du Crédit Communal, 1989.

 

 

Le trajet de Namur à Huy

Ceux qui désiraient se rendre à Huy ou à Namur eurent, dès la fin du 17e siècle, une barque qui faisait le trafic journalier entre Ahin et Namur. Elle passait à Andenne vers six heures du matin, arrivait à Namur entre 10 et 11 heures, y restait amarrée une couple d'heures et repassait à Andenne vers 3 heures de l'après-midi.

A l'aller, la barque était tirée par plusieurs puissants chevaux. Le trajet d'Andenne à Namur s'effectuait normalement en un peu plus de quatre heures, en somme à la vitesse du piéton, comme aux temps plus anciens. Au retour, la barque était abandonnée à la seule force du courant. Trois heures suffisaient généralement pour arriver à Andenne.

Cependant, ce fleuve au cours sinueux, rapide et irrégulier, ne laissait pas de présenter des dangers pour la navigation. Les barques qui transportaient voyageurs et matériaux rencontraient souvent, en été, les graviers du fond, et les chevaux qui les traînaient pouvaient alors traverser le fleuve sans nager. En hiver, les gelées et les glaçons constituaient une autre entrave à l'utilisation du fleuve. Pendant les crues, c'était un torrent plus dangereux encore par son impétuosité, qui faisait chavirer les embarcations.

En règle générale, sur les douze mois de l'année, la Meuse était utilisable pendant six à huit mois seulement. Les débordements occasionnels et inattendus dus à de fortes intempéries soudaines, occasionnèrent souvent des graves dégâts aux habitations riveraines, aux cultures ainsi qu'aux petites industries locales et aux matériaux entreposés le long des berges. Presque partout cependant, les abords de la Meuse restaient impraticables : arbres, clôtures, haies, murs et marchandises entreposées constituèrent autant d'obstacles qui rendent les chemins de halage difficiles et qui empêchèrent, dans une certaine mesure, le trafic fluvial.

Les entraves à la libre circulation.

A côté de ces entraves naturelles ou artificielles, la Meuse était encore hérissée de bureaux de perceptions de douane et tonlieux. Les princes, mais aussi les seigneurs, s'empressaient de prélever des droits sur les bateaux qui passaient en vue.

Ainsi, entre Andenne et Tergouwen aux Pays-Bas c'était une véritable mosaïque de bureaux. Au 18e siècle, les bateaux allant d'Andenne vers la Hollande étaient arrêtés à 18 reprises !
Le premier se trouvait déjà à Andenelle où l'on acquittait un droit de sortie. En plus de tous ces bureaux, on comptait douze tonlieux de Kessel à Gorcum.
Au-delà de Namur, l'enchevêtrement des frontières liégeoises et namuroises constituait également un sérieux obstacle pour le transport fluvial. Les difficultés de navigation et les multiples charges qui pesaient lourdement sur le trafic fluvial ont provoqué une concurrence de la route et du fleuve.

Le fleuve détermine le genre de vie des personnes qui le côtoient: bateliers, pêcheurs, cabaretiers, débardeurs, constructeurs de barques ...

Les naiveurs ou maronniers synonymes de bateliers apparaissent dans la documentation à la fin du 13e siècle. Ils développent un mouvement corporatif au siècle suivant avec tout l'arsenal statutaire des métiers : formation, hiérarchie, organisations professionnelle et sociale, administrative et judiciaire.

La position sociale des naiveurs modèle de grandes différences quant à leur réussite. Certains, propriétaires de leur bateau, brassent suffisamment d'affaires pour nourrir leur famille, voir plus, tel que le faïencier et exploitant de terres plastiques andennais Joseph WOUTERS. D'autres, comme ce Gilles de BRIME qui ne laisse, à son décès, à sa veuve fort endettée, qu'un petit bateau en mauvais état, une paillasse pour se coucher et quelques meubles de peu d'importance. ../..

Même si un « grand chemin » ou chemin royal existait depuis le 17e siècle au moins entre Ahin et Sclayn, celui-ci n'aboutissait à aucun nœud de communication. Sa largeur devait être de dix mètres, mais, bien souvent elle se restreignait à peu de chose par la négligence et le mauvais vouloir des riverains qui empiétaient sur la voie publique avec leurs terrains, prairies, fossés et haies.

Dans ces conditions, les transporteurs ne souhaitaient guère l'utiliser. D'autant que la théorie gouvernementale était à cette époque-là de ne pas doubler par voies de terre les voies navigables et, en visant à l'économie, les ingénieurs préféraient maintenir les routes sur des hauteurs afin d'éviter la construction de ponts, remblais et autres travaux d'art.

C'est cette doctrine qui retarda jusqu'en 1785 le début de la construction de la chaussée reliant Namur à Liège.

Le grand fleuve sauvage dynamise donc toutes les riches potentialités de sa vallée. Elle accélère l'essor urbain de manière très précoce et sans discontinuer. Elle attire les souverains et les nations pour son importance stratégique. Elle favorise les relations commerciales et économiques, régionales et internationales. Elle diffuse les idées nouvelles et permet le développement social. Enfin, elle remplit des fonctions très diversifiées : pêche, construction navale et tourisme.

art36 tpf histoEn savoir + : En janvier 2014, ce magnifique recceuil de près de 3 Kg avec 544 pages est épuisé. Il était au prix étonant de 28 € car publié à titre bénévole et scientifique, sans droit d’auteur mais sous  copyright avec le patronage de l’Institut Royal des Sciences naturelles de Belgique).

Livre en quadrichromie, format à la française (30×22,7cm), couverture cartonnée, 554 pages, reliure cousue fil de lin. Volume n°3, ISNB : 978-9600676-2-0.

Contactez directement l’auteur Ph. WASCOTTE dont l’adresse privée est reprise sur notre site aihy.org à la rubique « CONTACTEZ-NOUS / CA »
Cet ouvrage est aussi répertorié dans les bibliothèque de l’ISia de Huy + Gembloux, depuis novembre 2011 (don AIHy).

ADDENDUM et GLOSSAIRE.

Affermé. Acquis pour une durée déterminée et par soumission d'un prix. Ce rendage (bail) était d'une durée fort variable : 1 an à Seilles en 1788, ensuite 9 ans, 3 ans à Namêche, 6 ans à Brumagne.

Aisselles. Languettes de bois servant à serrer les documents.

Arsin. Brûler. Le droit d'arsin ou bris de maison était une ancienne coutume expressément réservée au suzerain. Il avait le droit de brûler et de détruire la maison d'un meurtrier.
[NDLR.-AIHy : cette coutume persiste encore vis-à-vis des terroristes condamnés par l’Etat d’Israël].

Maltôte. Exaction, perception d'un droit qui n'est pas dû, qui n'est pas légal. Faire, exercer la maltôte. Par abus, on a appelé de ce nom toute espèce de perception d'impôts.

Maquat. Forge à marteau hydraulique nécessaire à la dècarburation de la fonte.
[Notre confrère Ph. Wascotte signale qu’il fallait 15 m3 de charbons de bois, soit 10 tonnes de bois, pour produire 1 tonne de fer ce qui contribua à la déforestation de l’Europe à la fin du 18e siècle].

Portus. Cellules initiales et lieux de commerce des agglomérations. Beaucoup de villes ne sont donc pas autre  chose qu'un portus qui a grandi.

Tonlieu. Constitue un impôt régalien. Il s'exerce aussi bien sur le transit que sur la vente et l'achat de marchandises. Il impose donc un arrêt des bateaux et des embarcations en un endroit déterminé pour le contrôle de la cargaison par les tonloyers. Cette taxe apparait à la fin de l'époque romaine. Au 10e siècle, les empereurs commencent à céder de tels droits à l'église d'abord, aux princes territoriaux ensuite qui, à leur tour, aliènent ces péages en fief, en tout ou en partie, à des seigneurs ou à des hommes libres.

Depuis que chez les dignitaires ecclésiastiques naissait un état d’esprit apparenté à celui des chefs territoriaux, ils ont eu une fâcheuse tendance à agir comme princes territoriaux et à exercer ainsi pour leur compte exclusif l’autorité publique qui leur avait été confiée par les empereurs allemands. C’est le principe de l’Eglise impériale chère à la dynastie des Othon. Annon, qui était d'un naturel violent, appliqua strictement ce principe même jusque dans l'appropriation personnelle des biens et des droits régaliens… ce qui lui valut quelques ennuis.
Cet Archevêque de Cologne décéda le 14/12/1075 et fut enterré à l’Abbaye de Siegburg.