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2 jésuites agronomes oubliés : RP. Ir Hyacynthe VANDERYST et Mathieu RENIER

Le Jardin botanique du frère Justin Gillet a, grâce à la notoriété de celui-ci, masqué les travaux de deux autres pères jésuites. J’ai rencontré le premier de ceux-ci en étudiant la littérature relative au palmier Elaeis.

R.P. Ir Hyacinthe VANDERYST , agrostologue et écrivain

art38 rpvanderystHyacinthe Vanderyst est né à Tongres en 1860 ;  il fait ses études d’abord au collège communal de sa ville natale puis à l’athénée d’Hasselt avant de rejoindre l’Institut agronomique de Louvain nouvellement créé qu’il quitte diplômé ingénieur agricole en 1883 pour devenir agronome de l’État à Hasselt. Rien ne le prédispose à la prêtrise et pourtant, au cours des années nonante, c’est la voie qu’il va choisir en devenant prêtre du diocèse de Liège et en passant un doctorat en philosophie.

En 1902, il s’inscrit au cours de bactériologie du professeur Denys à Louvain, cours d’avant-garde à l’époque donné aux médecins et aux pharmaciens par le docteur Vandevelde. C’est dans le cadre des missions de l’État Indépendant du Congo qu’il va trouver un champ d’action à la mesure de son intense activité et de son désir d’être utile.

Il arrive à la mission de Kisantu en 1906 comme auxiliaire volontaire et est tellement ému par les ravages de la maladie du sommeil qu’il suit immédiatement des cours de médecine tropicale chez le docteur Broden, alors directeur du laboratoire de Léopoldville. Il ne fait d’ailleurs aucun doute que les efforts qu’il déploie contre la maladie du sommeil avec son confrère Ivan de Pierpont sj. ont été à la base du contrôle puis de la disparition de cette maladie dans la région de Kisantu.
L’agronomie et l’élevage ne lui doivent pas moins que la médecine et ce sont les mesures sanitaires qu’il impose qui ont enrichi la région du Kwilu d’un magnifique cheptel bovin et ovin.

Voyageant dans toute la contrée, il sera à Ipamu de 1921 à 1923 époque où une polémique véhémente opposera les missionnaires aux agents de l’État et c’est lui qui prendra à sa charge d’écrire les nombreuses lettres réfutant les accusations.

Son activité d’agronome sera intense pendant les 27 années qu’il consacrera à l’œuvre de civilisation du Congo.
Entre 1919 et 1925, il écrira une dizaine d’articles (137 pages) relatifs à la botanique du palmier Elaeis, à ses parasites et à ses produits.
Entre 1920 et 1931, il fera des recherches agrogéologiques au Bas et au Moyen Congo dont il publiera les résultats  (245 pages) dans le
Bulletin Agricole du Congo Belge.

art38 bac

NDLR. AiHy :

Le Bulletin Agricole du Congo belge qui a du disparaître de nombreuses de nos bibliothèques figure encore comme un document de référence dans la bibliothèque universitaire de Havard (USA) et de notre musée de Tervueren; dernier bastion d'un pan de histoire belge, la colonisation du Congo, que bien de nos concitoyens ont complètement 'zappé' de leur mémoire collective.
Ces bulletins restent de nos jours pour les historiens une véritable mine d’informations décrites par les explorateurs du terrain :
Culture, élevage, phytopharmacie de brousse, découvertes etc.

Dans la poursuite de ses travaux en Belgique (agrostologie) il s’intéressera de 1916 à 1919 au jardin agrostologique de Leverville, et écrira un aide mémoire pour  faciliter la recherche des Paniceae. Au total c’est pratiquement 1050 pages d’écrits scientifiques relatifs à l’agronomie qui seront publiés.

Le père H. VANDERHYST était membre effectif de l’Institut Royal Colonial Belge et membre correspondant de l’Académie Royale de Turin.

Il avait vu naître la Régie des Plantations puis l’INEAC juste avant de mourir à Kisantu en 1934. À la fin des années vingt, il avait suggéré la création au Congo d’un Institut agronomique qui aurait été le premier établissement d’enseignement supérieur à la colonie, mais cette idée qui en séduisait beaucoup fut mise en réserve suite à la crise économique des années trente puis à la seconde guerre mondiale qui suivit.

Le RP. Ir Mathieu RENIER

Le père Mathieu Renier  prend pratiquement la succession du père Vanderyst. Je le découvre grâce à un petit article d’une demi page au titre accrocheur qui parle d’une plante, véritable arachide vivace, le Trichilia quadrivalvis (Mukeso a temo) qui pousse sur les hauts plateaux sableux du Kwango et dont l’espèce est un bonsai naturel d’une famille de grands arbres.

Plante dont il fait faire l’analyse des graines à l’UCL sur un très petit échantillon. (graine/fruit : 63%; graisse/graine :  56%; coque/fruit :  37%; graisse/coque : 47%; graisse/fruit : 54% et protéine/tourteau :  29%. Indice d’iode bas et indice de saponification élevé). Aucune étude complémentaire n’a été faite à ce jour. 

Son premier écrit répertorié date de 1928 et parle des expériences agricoles dans la vallée de la Nsele au Moyen Congo.
Il s’intéressera plus tard aux forêts de cette région.

Mais son œuvre principale sera la Flore du Kwango en 3 volumes un travail illustré de 815 pages.

art38 trichilia 1Il publiera également sous forme stencilée une Flore des graminées du Kwango, une Flore des légumineuses du Kwango et une Flore scolaire du Kwango. Le père Renier s’intéressera également au développement agricole de sa région et plus particulièrement au paysannat indigène chez les Bapende et les Basuku, sur la base des plantations de bambous nains des hauts plateaux du Kwilu qu’il envisage d’ailleurs d’utiliser comme source d’alimentation du bétail Ndama acclimaté sur ces hauts plateaux, mais il étudie en même temps les  pâturages améliorés de Leverville et de Kisanji.
Il publie également en langue kikongo un recueil de leçons d’agriculture destinées aux agriculteurs du Kwango.

Son dernier écrit répertorié date de 1954 ; il y parle des étangs de pisciculture et des cressonnières. Son œuvre, au total, couvre plus de 1200 pages d’observations sur l’agriculture au sens large du terme

Auteur : EURING Ing. André-Bernard ERGO; MSc.AIHy, président Ho UFIIB.