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Ces ingénieurs qui font l’histoire…

Le Comte Jacques de BRIEY (1885-1914)

Reprint de l’article du confrère EURING André ERGO, MSc.Ing.AIHy et historien des sciences agronomiques du Congo belge ; INFO-AIHy n°98 ; campus ISIa de Huy (HECh), nov. 2002.

L’agronome Jacques de Briey, explorateur avisé savant et promoteur des forêts tropicales.

Jacques de Briey naquit 1e 12 octobre 1885 au château d'Hastinnes près d'Andenne. Il passa l'essentiel de son enfance dans les lieux de garnison de son père, colonel de cavalerie dans l'armée française. A l'âge de 11 ans, il entre au collège des Pères Jésuites à Reims, où il termina brillamment ses études secondaires.

En 1904, il vient au collège Vaugirard à Paris pour préparer son admission l’Institut Agronomique INA P-G où il fut reçu dans les premiers (actuellement AgroParis Tech avec l’ ENSIA & ENGREF).

En 1935 il fit son service militaire français au 94ème régiment d'infanterie en garnison à Bar-le-Duc, qu'il quitta avec le grade d'officier de réserve. Jusqu'en 1908, il poursuivit à Paris ses études d'ingénieur agronome au terme desquelles il mit quelque temps à choisir sa voie, n'étant intéressé par aucune des carrières que lui proposait l'Institut Agronomique.

Il profita de ce temps pour se rapprocher de sa famille en Belgique et demanda la naturalisation belge. En juillet 1911, une mission au Congo lui fut proposée (intendant sur la Liste Royale). Il fut heureux d'accepter, ce travail cadrant parfaitement avec ses aptitudes et ses goûts.

Pendant deux longues années, il parcourut en long et en large le Mayumbe, prenant une foule de notes sur la forêt, les palmiers à huile, les bananiers, ramenant près de 300 espèces de bois tropicaux, proposant de créer des réserves naturelles, etc.

Rentré en août 1913, il n'avait pas souffert du séjour en brousse au Mayumbe grâce à sa santé robuste.

Mayumbe ou Mayombe est situé au Nord-Ouest de la Province du Bas-Congo en RDC sur la rive droite de l’immense fleuve Congo avec un climat de savanes ou de forêts tropicales chaudes et humides, propices au bois précieux du Limbe.

Il était encore occupé à mettre de l'ordre dans l'énorme documentation rapportée d'Afrique quand la première guerre mondiale éclata.

Le premier août 1914, il rejoint à Tour le 226ème régiment d'infanterie belge au Fort de Bignelay.
Le 25 août, à Courbessaux, il tombe glorieusement â la tête de sa compagnie, en défendant les frontières de la Lorraine berceau de sa famille, occupée alors par les très violents combats (au corps à corps) de la première guerre mondiale.
Dans sa dernière lettre à celle-ci, il écrivait : « Si je n'emportais le regret de mes travaux inachevés, je n'aurais en somme aucun souci ». La Croix de la Légion d'honneur et la Croix de guerre avec palme ont rendu hommage à l'héroïsme du soldat, lui, que le monde scientifique unanime a salué comme un savant.

En 1920, E de Wildeman, directeur du Jardin Botanique a publié, dans la collection des publications du ministère des Colonies, un livre résumant la mission forestière et agricole du Comte de Briey regrettant néanmoins que les thèses et les rapports privés ne puissent être publiés.

Jacques de Briey pensait notamment : à l'inutilité pour les Africains de stages en Malaisie, au danger de l'utilisation immédiate de machines perfectionnées agroforestières; à l'inutilité, voire même au danger des rapports; à l'importance des inspecteurs d'agriculture; à la nécessité des stations de recherches et des champs d'essais (in situ); à la nécessité des réserves forestières.

Il était peu favorable à une exploitation intensive des forêts dans lesquelles il avait d'ailleurs découvert de nombreuses espèces inconnues.

Il avait déterminé avec son assistant M. DERUMIER la valeur économique de toute une série de bois. Il avait fait une masse d'observations remarquables et essentielles en ce qui regarde le palmier à huile du Mayumbe ainsi que sur les espèces de bananiers et de plantes vivrières qu'on y rencontre.

Sans sa brusque disparition qui fut pour l'agronomie franco-belge une perte sensible, il est certain que Jacques de Brey serait retourné au Congo.

Le réseau AIHy tient ici par cet article sur le Net à rendre un vibrant hommage à cet "ingénieur qui écrit l’histoire des sciences agronomiques par ses actes".