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Mon paradoxe d'Olson : oui ou non?

Auteur et envoi du confrère : Ing. Jacques DEWEZ ; MSc.AIDISIA
Les textes en couleur et l'iconographie sont de la présidence du réseau AIHy ; Ing. P. Dohmen; MSc.AIHy : édition 2015.

 Quel avenir pour nos associations alumni (AIHy) ?

La profession d’ingénieur connait aussi l’environnement dans laquelle elle s’exerce : une société d’individus qui se désaffilient et se retranchent dans l’isolement.
L’association extra-professionnelle d’ingénieurs fait-elle encore sens ?

Les états de santé de mouvements associatifs suivent des fluctuations, quant à la participation des membres, voire leurs adhésions.

Les groupements d’ingénieurs n’échappent pas aux constats.
La présente époque met à mal les projets solidaires sur la durée !

Le projet solidaire se construit difficilement avec une stratégie de réussite individuelle.

Il ne s’agit pas de décrier l’individu, mais plutôt de s’interroger :
est-ce que le projet individuel non partagé rencontre l’intérêt général ?

Pressé par le résultat immédiat, le projet qui ne se concrétise pas assez vite, essouffle.
Et l’on sait pourtant que l’évolution, qui sous-tend le changement culturel, s’inscrit dans la persévérance et le temps.

La logique du tout au marchand nous met en attente consommateur ou client.

Et à l’image des réseaux sociaux, ‘Gratuité et Publicité’ riment, dès lors on pratique le consumérisme gratuit.
Le coût d’un service est justifié dès qu’il m’est reconnu utile et immédiat.

Le fonctionnement de nos groupements professionnels d’ingénieurs a ainsi évolué d’un modèle militant vers un modèle de ‘bonne volonté’.

L’ingénieur s’indignait et agissait, il était porté par une cause dont il refusait les effets. Mais quelles sont ces causes aujourd’hui?

Le groupement tourne encore grâce à des bénévoles qui cherchent désespérément à déterminer les enjeux. 

 aihycostar

 

Le réseau AIHy né officiellement il y a 50 ans en 1963 a comptabilisé une forte adhésion de plus 70% des diplômés ses dix premières années. Le point culminant a été atteint vers 1978 lors de la réussite du passage du statut d’ingénieur technicien vers celui d’ingénieur industriel.  L’ACTION COLLECTIVE a montré encore ici son EFFICACITE sur les initiatives INDIVIDUALISTES pour modifier durablement un environnement. Depuis 1988, le taux d’adhésion à une ASBL alumni comme l’AIHy (et combien d’autres) ne fait que décliner dangereusement au point de mettre en péril sa viabilité d’organisation non-lucrative.
Le tarif des cotisations annuelles n’a pas été ‘indexé’ depuis +20 ans et toutes les ‘économies structurelles’ n’ont pas pu inverser la baisse du cash-flow nécessaire au fonctionnement d’une association gérées par des vrais ‘bénévoles’.
Le CA de l'AIHy a décidé en mars 2015 d'adapter sa stratégie de développement en tenant compte de l'expertise du SIRD® et des modèles d'Olson et d'Hirschman. Cela se traduit maintenant sur la couverture des ANNUAIRES publics et de la distribution ciblée des informations professionnelles, de l'assistance Emploi et des certifications nationales (ib + UFIIB) et internationales (FEANI) des titres et grades que vous avez acquis sur nos campus.

 

La perception des besoins (ils sont exprimés) et attentes (elles sont latentes), est un facteur de réussite.

art66 olsonBon nombre de dirigeants d’associations se trouvent démunis, car cette perception suppose que le membre soit présent et s’exprime. Mais la nouvelle génération semble parfois muette.
Leur donnons-lui à ce point la représentation d’un monde fini, où il n’y aurait plus rien à construire ensemble ?

Il fut un temps où la promotion, la valorisation de la profession, on parlait même de défense, faisaient recette.

Il régnait un esprit de corps qui prenait naissance dès l’entrée aux études, et qui perdurait grâce à la place que l’ingénieur avait dans le développement du bien-être de la société. Ces expériences propres à la profession étaient le lien qui soude et donne le sentiment d’être à part.
Les débats menés au sein de la Fédération des Ingénieurs prouvent que la profession fait régulièrement l’objet d’ajustements relatifs à l’enseignement, à la rémunération, à l’équivalence académique, ... Il y a donc des intérêts communs à soutenir, et l’on pourrait croire que  le membre adhérera ; mais selon le paradoxe d’OLSON : le membre souhaite profiter de l’action collective en essayant d’éviter le coût de l’action. 

NDLR.Ing. P.DOhmen : Le Pr Mancour OLSON a décroché brillamment son doctorat en sciences économique à Harvard dans les années sixties grâce à la pertinence de ses analyses descriptives et analytiques du fonctionnement des organisations associatives vis à vis des motivations contemporaines individualistes ((Public Goods and the Teory of Goods; Harvard university Press, USA, 1966). 
En bref, la volonté individuelle (très actuelle) de s'impliquer volontairement dans une organisation qui exige une collaboration ferme (pécuniaire ou physique) reste largement et majoritairement subordonnée au profit immédiat et personnel.
Le paradoxe d’Olson montre que la stratégie dominante d’une majorité, hélas grandissante ses dernières années, est bien de « laisser faire les autres assumer les risques et les coûts de l’action collective » mais néanmoins, de revendiquer nettement pour soi-même le bénéfice acquis par le combat de la minorité agissante.

L’amalgame de plus en plus contemporain entre rationalité individualiste et mutualisée corrompt durablement le différentiel coût/avantage de nos plus jeunes diplômés en ce début du XXIème siècle.

La recherche prioritaire de la ‘gratuité’ du maximum de biens collectifs (une adhésion, comme une application informatique, par exemple) si elle est effectivement naturelle reste irrationnelle : ce qui ne l’empêche pas de fonctionner à plein régime.
Les expertises de l’observatoire des Emplois de notre SIRD montre clairement que la majorité de notre réseau AIHy est parfaitement consciente de l’évidence de perpétuer des intérêts communs (reconnaissance des diplômes, renommée, notoriété, etc.), mais que l’action commune ne la concerne pas et qu’elle peut s’en soustraire avec bonne conscience (car l’estime n’est pas un bien collectif mais individuel).

 C’est bien cela le paradoxe d’Olson : « chacun pour soi et les autres pour tous » ! 
Irrationnel, dites-vous ?!... Mais que faites-vous ?

 

 Aujourd’hui les motivations seraient-elles plus symboliques : des besoins d’appartenance et de reconnaissance ?

index2 f48x40Gageons que les prochaines années mettront en œuvre le chemin de transition.
Il sera découvert collectivement et basé sur une vision commune d’avenir. Il se trouvera dans la capacité à construire une nouvelle image, à créer une nouvelle sociabilité conjuguant éthique avec science et technologie.
Il existera si les institutions d’enseignement et d’ingénieurs s’investissent activement et ensemble dans la réflexion, la conclusion partagée, la réalisation concomitante.

L’affirmation de l’identité de l’ingénieur, de ses rôle et de ses responsabilité est une nécessité pour sa contribution à la démocratie participative.

Ing. Jacques DEWEZ; MSc.AIDISIA 

 

NDLR. Pierre DOHMEN, Ing.AIHy:

La nécessité ne préside plus assez à l’organisation quand c’est une minorité qui agit.
Les sociologues, les philosophes modernes et les administrateurs d’associations d’ingénieurs émettent bien des stratégies pour catalyser l’acte individuel d’une mobilisation; nous vous en livrons quelques-unes, sachant bien que notre propre organisation ne pourra pas toute les appliquer particulièrement dans notre Etat providence …

  • L’adhésion obligatoire et contrainte pour mutualiser les bénéfices par rapport aux risques et aux coûts (< Ordre des Ingénieurs).
  • Répondre à la question « j’adhère, qu’est-ce que cela me rapporte maintenant » par des incitants spécifiques et des avantages sélectifs individuels qui s’ajoutent aux ressources associatives déjà acquises.
  • Tronçonner un réseau social en (très) petites communautés d’intérêt commun augmente les capacités individuelles agissantes (mais aussi les charges globales de fonctionnement).
  • Convaincre que la « collaboration » est plus efficace et ‘utile’ que « la concurrence », aussi du point de vue socioéconomique.
  • Honorer la vertu de la ‘loyauté envers l’association’ sachant que la multiplication des défections adhésives freine la mutualisation des bénéfices associatifs (selon le modèle d’Albert HIRSCHMAN).
  • Différencier visiblement dans le réseau ceux qui agissent et participent, de ceux qui observent et attendent (qui sont donc bien en défection volontaire), autant que de ceux qui se positionnent comme hostiles aux intérêts communs.

 

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