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Prévention des désastres naturels par la réhabilitation de l'environnement avec l'emploi. Rapport de mission - Haïti 2009 -.


Auteur : EUR ING® J-M. VANDENWOUWER; MSc.Ing.AiHy®; 2011. Extraits de rapport de mission Haïti 2009 du BIT vers la PNUD et PAM-WFP.

bit logoPS. : Texte intégral en notre disposition. Les images et '[x]' ont été rajoutées par la rédaction 'INFO-AIHy' pour illustration et pour agrémenter votre (in)formation.
ATTENTION ! vous pouvez reproduire librement tous les textes de cet article mais uniquement en mentionant une tracabilité des sources bibliographiques. Des ONG, OG mondiales et 'officielles' y veillent! Leurs responsabilités dépassent largement vos envies personnelles de 'reproduction' à partir d'un support universel (le Net) qui peuvent influencer les opinions des 'locaux' sur le personnel employé par ces organismes internationaux, dont nombre de vos consoeurs et confrères 'sur le terrain'.

Organigramme général

Titre du Projet : Programme de prévention des désastres naturels par la réhabilitation de l’environnement à travers la création d’emplois

Financeur (s) : PNUD et PAM

Agence d’exécution : BIT [Bureau International du Travail]

Département : Haut Artibonite

Commune : Gonaïves ; HAITI

Période de la visite : 26 – 28 octobre 2009

Collaborateurs PAM   [Ndlr. : Programme Alimentaire Mondial de l’ONU]

Jean Pierre MAMBOUNOU

Chef de sous Bureau à Gonaïves

Mawa SORO

Programme officer

Collaborateurs BIT

Jean MarieVANDEN WOUWER

Conseiller technique principal [ndlr.: Ingénieur AiHy®]

Renaud GENE

Agronome de terrain

Fred SAINTIL

Agronome de terrain

Alex CÉUS

Représentant du MPCE[1]

Rodnez PIERRE

Directeur départemental du MDE

Collaborateurs PNUE/TAF[2]

Silvana MASTROPAOLO

Consultante internationale

Stéphane SCIACCA

Consultant international

Jean Elie THYS

Consultant national

Patrick NICOLAS

Consultant national

 [1] Le Ministère de la Planification et de la Coopération Externe a délégué un représentant qui prend part à l’exécution de ce projet. Il est le coordonnateur national du projet.

[2] Technical Assistance Facility (TAF) mis sur pied par le PNUE dans le cadre de l´Initiative de la Régénération d’Haïti. Il est formé de consultants nationaux et internationaux.

2. Introduction

logo pnudCe rapport présente les objectifs de la mission, la méthode employée, ainsi que les premières conclusions, remarques et/ou suggestions par rapport aux projets visités aux Gonaïves. Sur cette base, une rapide analyse prospective des projets de revégétalisation prévus jusqu’en 2010 a été entreprise en s’appuyant sur la documentation mise à disposition du TAF pour la visite (logo PNUD en annexe, pour (in)formation).

Il met également en évidence les points auxquels il faudra porter une attention toute particulière et pour lesquels le TAF reste à la disposition du PAM pour un appui technique spécialisé dans la mise en œuvre des propositions/recommandations faites dans ce rapport.

3. Objectifs de la mission

Dans la perspective d’une nouvelle intervention[1] dans la zone, le bureau du PAM a sollicité le PNUE pour conduire une visite d’observation de deux (02) jours afin de définir un éventuel appui technique que le TAF pourrait apporter au projet. Les objectifs de cette première mission étaient de :

  • Observer la pertinence des actions menées, leurs impacts environnementaux et les changements induits ;
  • Faire le point sur les propositions techniques des activités de conservation de sols et de plantation d’arbres prévues dans le cadre des prochains projets de conservation biologique des réseaux antiérosifs et d’amélioration des crêtes érodées par la reforestation ;
  • Définir le type d’appui que le TAF pourrait à l’avenir apporter au projet ;
  • Formuler des recommandations d’ordre technique principalement.
  • Organisation des Réunions avec le Chef du sous bureau des Gonaïves du PAM Jean Pierre MAMBOUNOU, et le Conseiller technique principal du BIT Jean Mary VANDEN WOUWER afin de présenter le TAF et de comprendre les activités et la stratégie du projet ;
  • Mission de terrain avec : Rencontre des communautés bénéficiaires, discussions et visites des sites ;
  • Entretiens semi-structurés avec les principaux acteurs et partenaires nationaux (Ministère de l’Environnement, Ministère de la Planification et de la Coopération Externe, Les fédérations) ;
  • Restitution des conclusions avec l’équipe locale du BIT, le bureau central et le sous-bureau du PAM.

4. Méthodologie adoptée

La méthodologie employée a été la suivante :

Des travaux communautaires de mise en place de structures de conservation de sols (canaux de contour avec cordons pierreux + quelques seuils dans les ravines) ont été visités à Bretaye, Labadie et Passerenne (section communale d’Ennery). Une pépinière[2] à Bassin Magnan et des actions de plantation d’arbres dans des canaux de contour ont été également visitées.

art40 planhaiti1Ndlr. : Haïti est une île dans la Mer des Caraïbes, au sud-est de Cuba, et à l'ouest de la République dominicaine. Avec 8,5 millions d'habitants (généralement très pauvres), Haïti est un beau pays, très contrasté, composé de montagnes, de plaines, de zones ± irriguées et de zones sèches.
La ville des Gonaïves, chef-lieu de la région de l'Artibonite, est une zone agricole fertile entourée de savanes dites ‘désolées’…

Source image : Site du Dr Cl. Chappuis ; Haïti, 2011.

5. Principaux constats sur les résultats et impacts du Projet

La mission a pu constater de nombreux impacts positifs issus de ce projet.

  1. L’amélioration du capital productif des exploitations agricoles dans le site de Passerenne ;
  2. L’augmentation des revenus des ménages bénéficiaires ;
  3. Les chantiers sont organisés avec l’utilisation des techniciens superviseurs et de la main d’œuvre spécialisée formée pour la réalisation des seuils dans les ravines ;
  4. La stratégie de Food For Work facilite la disponibilité de nourriture au niveau des ménages bénéficiaires ;
  5. Les groupes de femmes sont motivés et elles ont envie de continuer à travailler s’il y a de nouveaux financements ;
  6. La nécessité de continuer, car les gens ont besoin de nourriture ;
  7. Le projet a provoqué la création de Fédérations[3] ce qui favorise l’organisation communautaire des gens de la zone.

Il faut mentionner que les canaux de contour sont réalisés en trois phases, le piquetage, la fouille et la mise en place des cordons. Les deux premières opérations sont faites par des hommes alors que la dernière est réalisée par des femmes.

A Labadie, les structures de conservation de sols établies en amont faciliteraient la protection du périmètre irrigué de la zone. A Passerenne, il y a une mise en valeur des terres entre les structures établies, lors de la première phase du projet, par des plantations de sorgho, de maïs, de banane et de pois congo.  

Il faut noter par contre que les impacts positifs attendus en matière de renforcement des capacités locales n’ont pas été à la hauteur des investissements réalisés.

Les autorités locales (CASEC[4] et ASEC[5]) ne sont pas parmi les acteurs clés de la mise en œuvre du projet.
L’insuffisance du personnel technique ne facilite pas la supervision, le suivi des activités et la réalisation des séances de formations au profit des bénéficiaires et le renforcement organisationnel des fédérations.
D’un point de vue technique, il faut mentionner que le projet a appliqué uniquement la technique de canaux de contour dans tous les sites sans tenir compte de la pente, de la profondeur du sol et de la grande disponibilité des roches, tandis qu’il existe d’autres techniques (mur sec etc.) plus efficaces et efficientes dans le contrôle de l’érosion.
On peut en outre se poser sérieusement la question de la possibilité réelle de réplication de la technique des canaux de contour par les exploitants sur leurs propres parcelles, ainsi que de l’enseignement à d’autres agriculteurs étant donné que cette technique demande beaucoup de travail pour sa réalisation.
Nous avons enfin pu observer dans certains seuils construits dans les ravines, l’absence de radier et de contre seuil.

6. Restitution

Une réunion de restitution a été organisée au bureau du PAM le 28 octobre en vue de présenter nos observations et de formuler certaines propositions. Étaient présents : le personnel technique du BIT, un représentant du Ministère de la Planification et de la Coopération Externe (MPCE) et le directeur départemental du Ministère de l’Environnement. Au cours de cette rencontre, on a profité pour expliquer le rôle du TAF qui est une structure d’appui technique. Une rencontre de restitution a été également organisée au bureau du PAM à Port-au-Prince avec la participation d’Etienne LABANDE du PAM et de Jean Pierre MAMBOUNOU du sous bureau du PAM des Gonaïves. Ces réunions de restitution ont permis le partage des observations effectuées au cours des visites de terrain dans les zones de Bretaye, Labadie, Passerene et Bassin Mangnan.  

7. Principales Propositions de la visite d’observation

Compte tenu des acquis du projet, de l’ampleur du défi environnemental, agricole et humain dans cette zone, la préparation du désengagement du projet est fondamentale dans le but d’assurer à la fois une meilleure préservation des acquis mais également la poursuite et l’extension des dynamiques mises en œuvre. Ainsi, nous suggérons que les aspects ci-dessous soient pris en compte.

7.1 Participation des acteurs

L’utilisation de la Méthode Participative doit permettre la réalisation des activités suivantes :

  • Travailler dès le départ sur un montage institutionnel participatif (comité de gestion participative des sites) en impliquant les différents acteurs dans la prise de décision dans toutes les phases du projet ;
  • Élaborer des cadres logiques avec des indicateurs plus qualitatifs et de mettre en place un système de suivi/évaluation participatif ;
  • Sensibiliser les acteurs locaux à la nécessité de reconstituer la couverture végétale;

  • Renforcer le partenariat avec d’autres fédérations ayant de l’expérience et de bonnes compétences comme celle de la zone de Bassin Magnan par exemple. Cette dernière pourrait jouer un rôle important dans le reboisement des sites protégés en structures mécaniques vu leurs compétences et leurs expériences dans l’organisation de pépinières et la plantation d’arbres ; 

  • Créer un espace de rencontre avec les fédérations, sur une base trimestrielle, qui permettrait de discuter sur l’état d’avancement du projet et de partager ainsi leurs expériences ;

  • Prendre en compte des leçons de la riche expérience du Projet afin de s’engager dans une approche fondamentalement différente, avec dès le départ, une stratégie évolutive basée sur les acteurs locaux et un désengagement planifié de la structure projet ;

  • Définir une stratégie claire et flexible de prise en charge progressive de la maîtrise d’ouvrage par le groupe cible et ceci dès la formulation du projet. On peut le développer dans le cadre de la planification participative en fixant les différentes responsabilités ;

  • Tester de nouvelles stratégies pour assurer la pérennité des actions à plus long terme. Il faut travailler avec les propriétaires ou avec des groupements en mettant des concessions et/ou des primes par exemple. Il faut également travailler avec les autorités locales pour les responsabiliser dans leur rôle (comme garants des contrats passés avec les gens et/ou comme représentant de l’État sur les terres de l’Etat) ;

  • Organiser un atelier participatif destiné à réaliser une étude sur l’historique du bassin versant pour une meilleure connaissance. Cela permettrait de connaître la végétation naturelle dans la zone avec des informations sur les espèces qui seraient les mieux adaptées pour ces reboisements. Il faut demander aux gens quelles sont les espèces qui les intéresseraient le plus d’un point de vue économique et nutritionnel. L’utilisation des outils de la Méthode de Planification Participative comme le Profil historique, les interviews semi-structurées, les analyses environnementales, le calendrier saisonnier etc. devrait permettre la collecte de ces informations.

Ndlr. : La METHODE ACTIVE DE PLANIFICATION PARTICIPATIVE, bien connue de nos agronomes expatriés est une méthodologie de planification, multifactorielle, rationnelle, logique et particulièrement bien adaptée aux situations de terrain rencontrées dans les pays en voie de développement.

Elle ressemble à la méthode sociologique PROCEDE-PROCEED mise au point en 2005 par L.W. Green et M.W. Kreuter.

En résumé, les déterminants sociodémographiques (surtout les acteurs de terrain et les partenaires), environnementaux et agronomiques sont finement et successivement identifiés et diagnostiqués (phase PRECEDE pour «Policy, Regulatory and Organizational Contructs in Educational and Environmental Development) pour élaborer des stratégies de planification réalistes (phase PROCEED ou Predisposing, Reinforcing and Enabling Constructs in Educational/Environment Diagnosis and Evaluation) qui sensibilisent et engagent chaque public cible vers la même vision . (Ing.DP ; AiHy)

7.2 Assistance technique

La mise en place dans le projet d’un mécanisme qui permettrait de mieux impliquer les parties prenantes et d’expérimenter de nouvelles techniques améliorées de gestion participative est nécessaire. Ceci pourrait consister à :

  • Améliorer davantage le rendement des équipes en introduisant des alternatives comme par exemple des primes pour les meilleures équipes ou en signant des contrats avec les fédérations tout en tenant compte de l´aspect qualitatif des réalisations ;
  • Sélectionner des techniques appropriées en tenant compte de la situation hydro- géologique, agronomique, foncière et sociale des zones d’intervention ;
  • Implémenter un système de suivi-évaluation des activités avec la participation des différents acteurs impliqués ;
  • Assurer la pérennité des ouvrages en complétant les structures mécaniques par des actions biologiques, sur une durée plus longue que celle prévue pour les deux (02) projets de revégétalisation du BIT (juin 2010). Il faut prévoir une autre phase à plus long terme pour assurer le suivi des activités (entretien, remplacement des pertes, tests de différentes espèces d’arbres ou autres végétaux, organisation de structures de gestion locales des plantations..).

 7.3 Projet de conservation biologique des réseaux antiérosifs

Sur la base de cette première visite de terrain et des discussions qui ont eu lieu avec les partenaires, voici certaines recommandations spécifiques qu’il est possible de faire concernant le prochain projet de conservation biologique des réseaux antiérosifs.

Leçons apprises et expertise disponible

De nombreuses expériences en techniques de conservation des sols et en systèmes agroforestiers ont été réalisées en Haïti et, particulièrement par la FAO dans la région des Gonaïves. Il serait important de pouvoir bénéficier de leur expertise pour les prochaines actions prévues.

Mécanisme participatif

Afin d’impliquer et responsabiliser au maximum les acteurs locaux (populations et autorités) dans le suivi, la protection et l’entretien des actions réalisées, il est particulièrement important de développer des mécanismes participatifs et durables intégrant aussi les propriétaires et les exploitants des parcelles où seront réalisées ces actions. A titre d’exemple, la mise en place de zones de pâtures impliquera forcément de passer par ce genre de mécanismes, ce qui prendra du temps.

Responsabilisation et sensibilisation des acteurs locaux

Le projet parle de maintenance des nouveaux ouvrages, ce qui est extrêmement important, mais qui implique avant tout une forte responsabilisation des populations locales à travers des actions de sensibilisation à long terme.

L’idée de proposer des concessions familiales pour les zones restaurées (à travers la replantation et la plantation d’arbres / l’emploi de techniques agrosylvicoles et de conservation de sols..) est excellente et représenterait une méthode permettant de responsabiliser les gens et les intéresser aux enjeux à long terme de la restauration de l’environnement.

Choix des essences forestières et des variétés herbacées

Le climat semi-aride de la région ne permettra pas d’obtenir une forêt à proprement parlé comme stade de végétation climacique. Le choix des essences forestières est par conséquent particulièrement déterminant pour arriver à recréer les écosystèmes ligneux d’origine qui sont probablement plus proches d’une savane arbustive que d’une forêt fermée.

De plus, le choix des essences forestières et des variétés herbacées est prépondérant si l’on souhaite tenir compte de l’utilisation traditionnelle que les populations locales en font (produits forestiers ligneux et non ligneux), laquelle est fortement ancrée dans une longue histoire de gestion de leur terroir depuis des générations. Il est par conséquent important que ce soient les populations elles-mêmes qui identifient les végétaux qui les intéressent, parmi lesquels le projet choisira les mieux adaptés aux objectifs, aux types de techniques utilisées et aux variations stationnelles locales.

Pression du bétail

Toutes ces actions impliquent une réelle maitrise de la pression du bétail sans quoi a) une grande partie des plantules plantées sera abroutie et b) l’augmentation de la quantité de fourrages (essences forestières et herbes fourragères) créera à terme une augmentation rapide du bétail dont la pression sur les ouvrages mécaniques et biologiques de conservation des sols réduira drastiquement leur efficacité.

art40 textoNdlr. AIHy. : A LIRE : (de la même génération d’agronome que notre confrère JM. Wandenwouwer)

BROCHET Michel. Les stratégies de lutte contre l'érosion et l'aménagement des bassins versants en Haïti. In: Tiers-Monde. 1993, tome 34 n°134. Agriculture, écologie et développement (sous la direction de Marc Dufumier). pp. 423-436 ;
doi : 10.3406/tiers.1993.4763..

 7.4 Projet d’amélioration des crêtes érodées par la déforestation

Sur la base de cette même visite de terrain et des discussions qui ont eu lieu avec les partenaires, voici maintenant nos recommandations spécifiques concernant le 2ème projet sur l’amélioration des crêtes érodées par la déforestation.

Choix des essences forestières

Même remarque que pour le précédent projet : le climat semi-aride de la région ne permettra pas d’obtenir une forêt à proprement parlé comme stade de végétation climacique et encore moins de travailler selon le mode de sylviculture pérenne de la forêt jardinée. Le choix des essences forestières est par conséquent particulièrement déterminant pour arriver à recréer les écosystèmes ligneux d’origine qui sont probablement plus proches d’une savane arbustive que d’une forêt fermée, tout en insistant sur la nécessité d’une gestion simple et durable des ressources forestières.

Le choix des essences forestières est très important si l’on souhaite tenir compte de l’utilisation traditionnelle que les populations locales en feront (produits forestiers ligneux et non ligneux). Il est nécessaire que ce soient les populations elles-mêmes qui identifient les végétaux qui les intéressent parmi lesquels le projet choisira les mieux adaptés aux objectifs (production, protection ..) et aux variations stationnelles locales (importance de proposer différentes réponses adaptées suivant les cas de figure rencontrés dans la région).

Parmi ces essences forestières, peu d’entre elles possèdent une certaine valeur commerciale (cèdre, frêne, acajou et campêche ?). Elles ne pourront pousser sous un tel climat (probablement entre 250 et 500 mm de pluviométrie annuelle), ce qui limite d’emblée le choix des essences et prône plutôt pour l’utilisation directe d’essences autochtones que les gens ont l’avantage de connaître et qui sont adaptées au climat local. Des enquêtes sur l’historique de la végétation dans la zone auprès de la population, des recherches sur les interventions similaires déjà réalisées auparavant dans la région et des tests in situ sont particulièrement nécessaires.

Mécanisme participatif

Même remarque que pour le précédent projet : il est nécessaire d’impliquer et de responsabiliser dès le début les acteurs locaux en les mettant au centre de la démarche et en répondant à leurs attentes en matière de reboisement. L’idéal serait que les habitants, les exploitants et les propriétaires prennent eux-mêmes l’initiative de reboiser en déterminant conjointement les lieux où cela devrait avoir lieu tout en impliquant les autorités locales pour les renforcer dans leur rôle. L’exploitation de ces surfaces reboisées, une fois les arbres arrivés à maturité pour être exploités, devrait également être réglementée dès le début en présence de tous les acteurs concernés (à travers des contrats par exemple).

Ceci représente le meilleur moyen d’obtenir que ces reboisements soient entretenus et protégés de la pression du bétail sans pour autant que de nouvelles actions vivres contre travail soient proposées.

Propriété foncière

L’implication des propriétaires (privé ou État) est impérative pour la pérennité des interventions réalisées. Dans le cas de figure où les terrains reboisés appartiennent à l’État, ce seront les autorités locales (CASECs et maires voire certains services techniques décentralisés) qui devront être impliqués dans le processus, tandis que s’il s’agit de terrains privés, les propriétaires devront impérativement prendre part à la démarche. L’acceptation du projet par le propriétaire public ou privé et son engagement dans la gestion durable de l’environnement est obligatoire, si l’on veut gérer au mieux les aspects liés à l’entretien et le suivi des ouvrages et des plantations réalisées. Ceci est d’autant plus important que ces actions représentent une amélioration foncière notable excluant pendant une période plus ou moins longue toute autre forme d’exploitation agro-pastorale.

8. Recommandations

 Au niveau des documents de projet

  1. Introduire dans la planification les indicateurs qualitatifs environnementaux.
  2. Assurer que la durée des projets soit compatible avec les activités à réaliser, par exemple dans le cas de la revégétalisation, des activités agro-forestières etc.
  3. Assurer que des fonds soient alloués au niveau du budget pour l’assistance technique et la création de capacités locales à traves le processus participatif.
  4. Augmenter le nombre de techniciens dans le projet avec des Termes de référence définis.
  5. Engager un spécialiste en méthode participative qui aura pour tâche de :
    1. Promouvoir la mise en place des comités de gestion participative représentative au niveau de chaque communauté ;
    2. Faciliter l’implémentation de la Méthode de Planification Participative (MARP) dans toutes les phases du projet avec les outils du MARP.
  6. Engager un spécialiste pou la mise en place d’un système de suivi et évaluation.
  7. Développer un partenariat avec la FAO pour la valorisation des parcelles protégées dans le but de l’amélioration durable de la sécurité alimentaire.

 

A niveau de la gestion des projets

Au cas où ces recommandations seraient prises en compte, le TAF est disponible pour leur concrétisation. Le TAF reste bien évidemment à disposition pour des questions, des suggestions ou des demandes d’informations complémentaires par rapport au présent rapport.

Ing. JM. Vandenwouwer, promotion AIHy 1975


 

 [1] Le projet est à sa deuxième phase. De prochains projets sont en perspective comme : le projet de conservation biologique des réseaux antiérosifs et celui d’amélioration des Crêtes érodées par la reforestation pour la durée octobre 2009 – juin 2010.

[2] Cette pépinière de 45'000 plantules est gérée par la Fédération de la zone qui a actuellement un contrat de production de plantules avec le Centre de Gestion des Fonds (CGF).

[3] Elles sont responsables du recrutement, de l’achat et de la gestion des stocks d’outils, du payroll et de la distribution des vivres.

[4] Le Conseil d’Administration de la Section Communale (CASEC) est l’organe de gestion de la section communale qui est la plus petite unité territoriale administrative selon la constitution du 29 mars 1987.

[5] Assemblée de la Section Communale (ASEC) est l’organe de gestion au niveau de l’habitation.