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La Chrysomèle mute et résiste au Maïs transgénique 'insecticide'...

Auteur : Ing. Pierre DOHMEN ; MSc.AIHy ; rédacteur en chef  INFO-AIHy, anc. Membre du conseil de rédaction de Chimie Magazine, iTM, etc.

art54chrysomeleDepuis la saison 2013, plus de 6 états des USA (rien de publié encore pour le Canada) constatent qu'un petit coléoptère très invasif -celui qu'il ne faudrait pas-, la Chrysomèle des racines du maïs, Diabrotica virgifera virgifera, est devenue 'naturellement' résistante à l'OGM insecticide vedette de Monsanto®, en particulier ici le Maïs Bt™ sensés détruire ces voraces bouffeurs de cultures.
Photo: LNPV Station Entomologie Montpelier.

Quelques rappels utiles :

1.- le Maïs Bt™ est un OGM complexe et réussi, utilisé largement aux USA depuis 1996 (Yieldgard® pe.).
Pour la petite histoire l'extension « Bt », rappelle qu'une de ses propriétés insecticides vient d'un gène codant de la bactérie Bacillus thuringiensis.
Il a la particularité d'éliminer efficacement -jusqu'à présent- ses propres insectes prédateurs, tous des phytophages particulièrement voraces ; à savoir surtout Ostrinia nubilalis (un lépidoptère pyralidé véritable bouffeur des tiges et des épis de maïs), d'autres lépidoptères du genre Sésamia, des coléoptères (Biabrotica, pe).
Pour en savoir plus sur les prédateurs, je vous invite à consulter sur HYPPZ, l'excellente 'Encyclopédie en ligne des ravageurs européens' : 

2.- Le Maïs Bt/Ht™, controversé en Europe présente la caractéristique induite d'être tolérant au puissant herbicide systémique à base de glyphosate (C3H8NO5P ou Roundup™ : nom commercial de la formule originelle issue de la recherche du Groupe Monsanto® depuis 1974).

Il est controversé car son terrible effet insecticide reste présent dans toute la plante qui peut être donnée en nourriture au bétail. On ne se sait pas trop bien ce qui se passe dans ses tissus et in fine jusque dans les cellules humaines de l'amateur de steak...
Phénomène rare !?
Non, une plante, la jolie, comestible et très prolifique Amaranthus palmeri résiste déjà chez nous très bien au glyphosate, depuis 2009 (Stephen B. Powles) et devient par ce fait 'invasive', mondialement !

Objectivement, ce n'est pas si étonnant que ce soit la chrysomèle qui soit le premier insecte phytophage à vaincre une plante génétiquement modifiée par l'homme pour exterminer des prédateurs phytophages.

Pourquoi ?

3 CAUSES - EFFETS

1.- La biorésistance induite par la sélection naturelle.

Les petits scarabées chrysomèles fascinent les agronomes et les entomologistes par leur capacité supérieure en 'génie chimique', pour survivre mais aussi, pour éliminer leurs prédateurs.
Maintenant, il y a fort à parier que les multinationales (Monsanto®, Ciba/Novartis®, Syngenta®, Pionneer & Dow AgroSciences®, Bayer Crop Sciences® (ex Aventis), pe.) qui ont breveté plusieurs cultures transgéniques, 'sponsorisent' des centaines de recherches pour mieux connaître ce fameux perturbateur économique (en milliards de $).

L'apparition des chrysomèles résistantes aux cyclodiènes dans les années 1950 puis aux puissants organophosphorés et aux carbamates dans les années 1990, rendent l'utilisation des grandes classes d'insecticides chimiques de moins en moins efficaces (Scharf et al., 2001).

 

2.- Le défaut de biovigilance.

Il est une règle de la gestion des risques des écosystèmes et de la phytopharmacie 'durable' qui consiste à lutter génétiquement et avec 'bon sens' contre les ravageurs : à savoir planter suffisamment (entre 5 et 50% selon le risque de résistance) des zones refuges avec des variétés naturelles de culture semblable pour affaiblir le matériel génétique des ravageurs potentiellement auto-résistants.

Le défaut de biovigilance est grave car non seulement il fragilise les récents biopesticides mais surtout, il réintroduit par réflexe (panique) l'utilisation massive de pesticides chimiques dans les cultures intensives ; ce qu'était sensés limiter l'utilisation des grandes surfaces de plantes transgéniques.

 

2.- La cupidité humaine s'oppose toujours à la biovigilance et aux réglementations !

Depuis 2000, l'Environmental Protection Agency® (EPA) a fixé aux USA la norme des zones refuges entre 5 et 50% des monocultures intensives et, bizarrement, sous le contrôle des délégués agronomiques représentants les semenciers d'OGM (probabilité de conflit d'intérêt possible).
Ces derniers qui visitent et connaissent bien les fermes dans leurs tournées. Ils sont chargés d'évaluer (sans plus) le suivi réglementaire des zones refuges et de détecter à temps des résistances (prélèvement d'échantillons pe.).
Si effectivement ces représentants sont bien placés 'sur place' pour établir des rapports avec une bonne vue d'ensemble, on peut raisonnablement s'interroger sur la capacité d'une entreprise commerciale mondiale à s'autoréguler quand cela va nuire aux intérêts financiers d'une direction soumise aux leitmotivs récurrents des actionnaires : « toujours plus de profits, plus vite, avec moins ».

Des agriculteurs (entreprises) grignotent et marginalisent les zones refuges (±1% des surfaces cultivées souvent constatées dans les faits) pour planter plus (tout !?) en OGM en misant sur l'illusion de maximiser plus de profits, le plus vite possible, quitte à scier la branche sur laquelle ils sont assis.
A contrario pour les producteurs, il est évident que les zones refuges voisines engendrent des contraintes qui ont un coût non négligeable pour les agriculteurs, surtout si « ses voisins ne jouent pas le jeu » !
Et là, on est encore dans notre culture contemporaine du profit immédiat et du 'chacun pour soi'.

 

Et en Europe ?

Ce phénomène de tolérance des chrysomèles n'est, à ma connaissance, pas encore relevé par les organismes officiels de contrôle, mais pas utopique (AESA).
Il faut aussi comprendre qu'en dehors des rares essais en plein champ, il n'y a que le maïs transgénique MON810™ du même Groupe Monsanto® qui est autorisé de culture dans l'Union européenne (en 2014).
Ses cultures ne couvrent que 0,07% des terres agricoles.
On est encore loin des immenses monocultures à risque du grand Sud-américain.

La solution passera probablement par des interdictions, une régulation supervisée ou un renforcement des luttes intégrées : OGM régulés, entomophages biologiques (de préférence non-importés) et la bonne vieille recette -efficace- de la rotation des cultures.
La rotation des culture est encore économiquement viable pour nos agriculteurs qui gèrent des surfaces cultivées nettement plus réduites que celles des Amériques (du Nord comme du Sud).
La rotation culturale remonte à la nuit des temps.
L'Académicien et Botaniste 'agriculteur' Henri DUHAMEL du Monceau fait déjà l'éloge en 1762 de l'assolement biennal (culture alimentaire suivie d'une période de jachère) ou triennal (en mélangeant les cultures dans le temps sur le même emplacement) aux bonnes fins de 'déranger' le cycle naturel des ravageurs arthropodes et tant qu'on y est des champignons ravageurs.
Et puisque notre site 'AIHy.org' se veut une référence dans l'histoire des sciences.
Je vous signale que ce fondateur de l'AGRONOMIE est à la base de la création de la célèbre Ecole Nationale Supérieure des Techniques avancées dite 'ENSTA Paris Tech'. Une autre belle histoire encore à vous raconter (avis aux amateurs; m'écrire SVP). 
Pierre DOHMEN; MSc.Ing.AIHy  emailok 16